Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel en quelques lignes ?

Je fais partie de la catégorie des autodidactes. Après avoir obtenu un Baccalauréat général, j’intègre le secteur du bâtiment dans un premier temps en tant que manœuvre. J’y apprends mon métier sur le tas et passe successivement maçon puis chef d’équipe dans l’entreprise Vignac SA puis je décide finalement de passer en candidat libre un BEP Métreur-Dessinateur puis un Baccalauréat professionnel Etudes de prix et Construction, comprenant un stage en entreprise d’un mois et demi. Par la suite j’ai créé ma propre entreprise dans la bâtiment pendant cinq ans avant d’intégrer la Sté Gauchoux dont je suivrai le PDG chez GT Constructions comme conducteur de travaux principal.

Pouvez-vous nous expliquer votre fonction et les missions qui y sont rattachées ?

Dans une entreprise, on trouve d’une part un bureau d’études qui répond aux appels d’offre et d’autre part la conduite de travaux qui prend en charge l’intégralité du dossier et ce jusqu’à la livraison du bâtiment. Dès réception du dossier, nous analysons ce qu’on appelle un débours à savoir la partie financière du projet en vérifiant ses prix et choix opérés. Nous prenons également en charge la partie technique du bâtiment en effectuant le choix du mode opératoire, le choix des matériaux, le recrutement, la vérification et la mise en place des normes de sécurité.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre métier ?

Il faut avant tout posséder une certaine aisance relationnelle car nous sommes en permanence dans le dialogue et la médiation avec les autres interlocuteurs d’un chantier (architectes, entreprises, ouvriers…). Il nous faut mener à bien notre ouvrage en respectant les plannings et les obligations financières tout en maintenant une ambiance de travail agréable. Il est également important d’être très pointu techniquement et de se tenir informé en permanence des dernières innovations. Un intérêt pour la gestion financière et administrative est aussi un aspect essentiel du métier.

A quoi ressemble une journée type ?

Je dirais qu’une journée type se décompose ainsi : 60% de mon temps est consacré au bureau avec les différentes phases de coordination (planning, gestion du personnel, gestion administrative et financière…), 20% de mon temps est destiné aux visites de chantier afin de contrôler l’avancement des travaux et l’adéquation des prévisions matérielles et humaines par rapport à la réalité du chantier et enfin les 20% restants sont composés des diverses réunions avec les prestataires du chantier. Ces réunions sont déterminantes car elles permettent d’appréhender les points techniques et de rentrer dans certains détails concrets qui n’ont pas été abordés lors de la phase d’études, sachant que parfois un élément minime à transformer peut se répercuter sur l’ensemble des phases de construction.

Sur le chantier du Rocher de P@lmer quelles sont les principales difficultés d’une part et innovations d’autre part ?

La synthèse des différents corps d’état travaillant sur ce chantier constitue une vraie difficulté car il faut en permanence récupérer les éléments techniques de chacun afin de pouvoir continuer à avancer sur les plans et anticiper la construction. Par exemple, lorsque la phase du gros œuvre démarre, demander à un électricien ses plans peut lui paraître extrêmement lointain. C’est une difficulté propre à un chantier dont le marché fonctionne en corps d’état séparés. Côté innovation, le plus impressionnant est ce qui a été réalisé lors du coulage des voiles. C’est la première fois en France qu’un voile de béton de 19,85 mètres de haut est coulé sans reprise (pas de console ) mais en deux levées (14.50m puis 5.35m) grâce à un béton auto-plaçant et des banches spécifiquement lestées. Ce mode opératoire a été élaboré en coordination avec le chef de chantier, notre fournisseur de béton et notre fabricant de banches , nous permettant de réunir ici la qualité du coffrage, la qualité du béton et les échafaudages ,« grutables » toute hauteur, nécessaires à cette réalisation hors norme.

Quelles sont vos plus grandes craintes sur ce type de chantier ?

Le plus angoissant sur ce type d’ouvrage ce sont les délais souvent très courts conjugués à la non – maîtrise des intempéries. Nous avons essuyés jusqu’ici deux tempêtes, des gelées et des vagues de pluie qui ont épuisé physiquement et moralement les ouvriers à la fin de l’année. Aujourd’hui on espère vraiment une longue accalmie.

Quelles sont les prochaines grandes étapes pour vous ?

Nous attaquons les finitions en matière de gros œuvre d’ici un mois. Ensuite, nous devrons attendre quelques mois avant de terminer nos travaux de type dallage, etc à l’intérieur du nouveau bâtiment. Entre-temps, nous allons réhabiliter le bâtiment des dépendances, c’est-à-dire que nous allons déconstruire une partie des murs, déposer tous les planchers, en recréer de nouveaux, reprendre la charpente, créer et ou réhabiliter des ouvertures dans les façades en pierre, refaire les canalisations et le ravalement extérieur.

Et pour terminer, une expression technique favorite ?

Je dirais plutôt une devise qui s’applique à notre métier : anticiper c’est gérer. J’ajouterai que j’aime bien le mot « Déconstruction » plutôt que « Démolition »